L'HYPNOSE À TRAVERS LES ÂGES Quelques exemples anciens
"Cette technique fait désormais partie de la panoplie des thérapies qui guérissent et ne peut plus être ignorée"
François Völgyesi
L'histoire de l'hypnotisme à travers les âges ne saurait entrer dans le cadre de cet ouvrage. Un regard sur le passé nous révèlera l'existence de l'hypnotisme et de la suggestion qualifiés au cours des siècles : des mystiques occultes, transcendants, diaboliques ou angéliques remontent aux temps les plus reculés.
Témoin cette merveilleuse amphore scythe en or et provenant du musée russe de l'Ermitage, délicat travail demeuré miraculeusement intact qui présente en relief trois scènes de thérapeutique : une extraction dentaire, une mise en gouttière d'un membre brisé et enfin un massage magnétique, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui.
Citons aussi des poteries, vases, pierres gravées, dessins égyptiens et sculplures grecques où sont représentées des scènes de traitement par hypnotisme. Les prêtres babyloniens, chaldéens, hindous, chinois, dans leurs cérémonies religieuses employaient, pour obtenir l'état d'extase, - véritable forme d'hypnose, - des procédés secrets dont l'enseignement et la connaissance se transmettaient jalousement de père en fils, héritage d'un pouvoir d'autant plus étendu qu'il paraissait surhumain.
Cérémonies secrètes
Que l'on ait découvert qu'au cours de ces cérémonies il était fait usage de stupéfiants, toxiques ou non, que l'extase y ait été précédée de musique, de fumées odorantes, de jeûnes prolongés, d'ascétisme, de pélerinages, de prières, de processions, de mises en scène plus ou moins théâtrales, les moyens employés ne modifient pas la constatation du résultat: I'extase y était obtenue (1)
Les visionnaires de Delphes parvenaient à l'état extatique assis sur un trépied placé au-dessus d'émanations de gaz carbonique ou sulfureux qui facilitait la réalisation de cette hypnose.
(1) Nous retrouvons aujourd'hui une extase identique, véritable forme d'hypnotisme, dans certaines cérémonies des sectes musulmanes : dans les " moussems » (assemblées autour du tombeau d'un saint), les danses rythmées accompagnées d'une musique sourde à répétitions hallucinantes, les mouvements d'une chaînc d'assistants se tenant étroitement créent une insensibilité et une abolition de conscience telles que cet engourdissement de l'activité cérébrale permet des mouvements grâce auxquels l'homme perd son individualité durant de longues heures. Au Maroc, chez les hamadchas, secte religieuse d'origine berbère, les fanatisés se donnent des coups de hache sur la tête sans apparence de sensibilité.
On retrouve cette même extase dans de nombreux rituels, dans des cérémonies thérapeutiques chez les peuples primitifs (chasse-diable, etc.). Citons le culte d'érotisme de Shiva aux Indes, les offices religieux d'Isis en Égypte, énumération que nous pourrions poursuivre jusqu'à nos jours. Les prêtres de Jérusalem portaient sur la poitrine une plaque de métal précieux ornée des Ebrim Tunmims (6 gemmes brillantes et 6 mates). A l'occasion des grandes cérémonies, ils accédaient à l'état d'extase visionnaire en fixant ces pierreries.
A Rome
Au Moyen-Age, la maladie était considérée comme une possession démoniaque. L'Église et ses clercs qui avaient le quasi monopole de la médecine, alternaient prières, privations et rituels impressionnants pour agir sur l'esprit "possédé" du malade, afin de combattre en lui l'influence des puissances maléfiques. Pendant des siècles, la thérapeutique sera liée à la suggestion et à des considérations théologiques proches de l'exorcisme. Les Néoplatoniciens entraient en communion avec la divinité pendant leurs extases religieuses.
Chez les Hébreux
Chez les Hébreux, la magie était condamnée comme coutume païenne, les magiciens étaient poursuivis et lapidés. Pourtant on trouve dans le Talmud la description de traitements spéciaux où l'on reconnaît l'emploi de la suggestion dans 52 cas de maladies, une place prédominante y est faite à l'état hypnotique (traitement de la nyctalopie).
La conception antique admettait l'existence, derrière chaque malade, d'un diable ou mauvais esprit ; comme toute idée longtemps admise, celle-ci fait sentir jusqu'à nos jours ses répercussions. La liturgie catholique utilise encore pour la cérémonie du baptême procédés de "chasse-diable" et emploie des formules contre les mauvais esprits, telles que Léon XIII avait ordonnées dans les prières.
Dans la Bible
Dans les saintes écritures, les descriptions de méthodes thérapeutiques magnétiques, par imposition des mains ou autres procédés, sont nombreuses. Les prêtres du Mont Athos, les "Omphalophysiciens" se mettaient en état de torpeur psychique en fixant leur nombril.
Geronymo Cardano, célèbre physicien, mathématicien et médecin (150I-1576) a laissé un ouvrage posthume publié en 1663. Il y décrit 1'état où il parvenait, état voisin de la privation de toute perception extérieure et semblable au sommeil,- par la fixation prolongée d'objets brillants.
Paracelse
Paracelse (1493-1541 ?) le thaumaturge le plus documenté du Moyen-âge, écrivait que les moines du couvent d'Ossiach (Carinthie) guérissaient les malades après les avoir endormis par la fixation d'une boule de métal. Ce médecin, le plus réputé de son époque, utilisa lui-même fréquemment cette méthode thérapeutiue ; il l'appelait "Cure magnéto-sympathique" ; le "microcosme", que chacun de nous représente est soumis à l'action d'un magnétisme sidéral et à des radiations émanant des étoiles.
Agrippa de Nettesheim
Premier médecin de la cour de François Ier et de Louis de Savoie, Agrippa de Nettesheim, contemporain de Paracelse, fut emprisonné à cause de ses exorcismes et de ses "enchantements" sur les animaux ; son ouvrage intitulé :"De incertitudine et vanitate scientiaum" (1530) ne fut pas étranger à son malheur. Il fut libéré, grâce aux guérisons qu'il obtint pendant son emprisonnement, en appliquant sa méthode hypno-magnétique.
Volonté forte et imagination vive
Nettesheim écrit avec une clairvoyance remarquable : "Les mouvements de notre subconscient procèdent de l'imagination. Ces mouvements sont assez intenses pour influencer autrui, à ce titre ils peuvent obtenir la guérison ou entraîner une maladie d'ordre psychologique.
Par conséquent, une volonté suffisamment forte, jointe à une imagination assez vive, peut guérir ou rendre malade, non seulement l'organisme du sujet, mais aussi des sujets rencontrés dans son ambiance". Même clairvoyance remarquable au sujet de la fascination par le regard. "Quelqu'un, écrit-il encore, qui aura suffisamment approfondi les forces de la nature et les données célestes, pourra fasciner des cerveaux faibles, et en faire des serviteurs admiratifs. Ces êtres forts ont le pouvoir de transformer les autres en esclaves ou en malades et peuvent aussi les rendre confiants, dévoués, affectueux et fidèles. Ils pourront en eux commander la crainte, le respect, la certitude, diriger leurs conflits intérieurs et leurs sentiments. Ces prédispositions, si elles peuvent imposer à un homme une volonté dominatrice, peuvent aussi lui rendre la liberté de son esprit.
L'imposition des mains
En passant une rapide revue du développement de la technique de l'hypnotisme depuis ses plus anciennes manifestations en Europe et sans avoir la prétention d'être complet, nous ne saurions omettre l'imposition des mains ; déjà appliquée par les byzantins, relatée dans les saintes écritures et mise en pratique par les rois Carolingiens, l'imposition des mains a été reconnue comme procurant un pouvoir extraordinaire de guérir, du moins au profit de certaines individualités possédant un pouvoir magnétique. Des milliers de malades y ont eu recours (1).
(1) La main d'lsis en or montée sur un bâton était un insigne tout puissant et respecté par les Empereurs byzantins et le Empereurs Carolingiens ; Isis, s¦ur d'Osiris, épouse et mère d'Orus, est la maîtresse des cieux, de la joie, de l'affection, de l'amour, déesse vers qui tout se dirige, créatrice qui nourrit, protège et guérit les malades. Elle réveille les morts par l'imposition des mains. La main d'Isis (deux doigts ouverts, les autres repliés) a été choisie comme emblème par les occultistes.
Le toucher du Roi
Chez les Grecs, Héraclès, Dieu protecteur des sources, s'appelait Daktylos (doigt), le médecin s'appelait en latin " Médicus » (doigt indicateur) ; I'Empereur Adrien, Saint-Olaf chez les Norvégiens, Edouard le Confesseur (1052-1108), Philippe Ier guérirent miraculeusement par le "toucher du Roi" des milliers de malades graves et des scrofuleux. Une littérature abondante a publié les résultats thérapeutiques obtenus par cette méthode de Charles IX, en Angleterre ; plus de 50.000 malades par an venaient chercher la guérison par la "main royale" et repartaient guéris en grand nombre. " La main royale, ou "main du Seigneur", ou "main apostolique", autant de noms donnés symboliquement à la thérapeutique par imposition des mains. L'Église appelle "chirothésie "cette méthode employée par les Saints. Quarante-trois Thérapeutes chirothésistes ont été sanctifiés par elle jusqu'à la fin du moyen-âge (Statistique de Lampe, d'après C. Kiesevetter : Vergeschichte des Mesmerismus, Leipzig 1893).
Depuis les mages chaldéens jusqu'aux médecins miraculeux du Moyen-âge, on retrouve des praticiens agissant par hypnose ou suggestion revêtus de vêtements spéciaux, munis de bâtons qui opèrent par des mots magiques (1), des prières et des prescriptions.
Le bâton de Mercure
(1) Il convient de rappeler ici le bâton de Mercure suspendu aux 2 arbres avec ses 2 serpents pourvus d'une tête adopté par les adeptes de Mesmer. Jupiter avait envoyé Mercure pour délivrer Ulysse alors retenu par la nymphe Calypso. Mercure prit avec lui son miraculeux bâton : en touchant les yeux des hommes avec ce bâton, il les endormait et les éveillait à sa volonté. On trouve dans Homère de nombreux exemples où ce bâton, grâce à des passes adroites peut endormir ou réveiller à volonté (24e chant de l'Odyssée,5e chant de l'Iliade 343). Dans la langue grecque, endormir et hypnotiser par des passes magnétiques sont traduits par le même terme.
La confiance était commandée par le grand nombre de complications et de prescriptions mystérieuses. L'échec n'entraînait ni révolte, ni haine ; le malade déçu était facilement convaincu que l'échec lui était imputable par sa négligence ou son inobservation de telle ou telle des nombreuses et obscures prescriptions.
Un halo de mystère
Hypnose, suggestion, pouvoir surnaturel, magie,les noms les plus différents ont été donnés, sans que personne ait jamais songé à chercher quelque système pour percer l'obscurité du mystère. Seuls les adeptes possédaient certains détails et précisions sur ce " savoir tout puissant » et les transmettaient à leurs élèves. Les pratiquants ont développé ces questions sans révéler de solution aux multiples problèmes qui restent encore sans réponse aujourd'hui.
L'explication nous en a été donnée par ce fait que les anciens partaient d'un point de vue tellement mystique qu'ils restèrent élognés de toute recherche systématique. Longtemps en Europe, les pratiquants de l'hypnotisme ont été considérés comme de mauvais esprits alliés du diable. Ceci pour trois raisons :
Suppôts de Satan
1 - Le mystère dont ils ont toujours tenu à s'entourer. 2 - Les difficultés qu'ils avaient de communiquer entre eux, car ils parlaient des langues différentes ; 3 - L'hostilité de principe de l'Église qui par suite les condamne, les poursuit, les persécute. On peut ajouter que la multiplicité des méthodes et des procédés employés pour obtenir l'état hypnotique ou de "suggestibilité" ne révélait aucune précision concordante, aucune apparence de vérité scientifique et ne pouvait être considérée par la majorité des contemporains que comme des actes inquiétants, incompréhensibles, attribués à des esprits malins, donc condamnables et réprouvés.
L'extase
Si nous voulons dégager une définition de l'«extase», dont nous venons de retrouver au cours de tant de cultes différents, de tant de pratiques diverses des exemples, nous pouvons essayer de la décrire : Une sorte de torpeur, un état où le sentiment du moi individuel se trouve si atténué qu'il supprime chez l'individu la conscience de ce qui se passe autour de lui, de ce qui se passe en lui-même. L'extase se manifeste soit par une brusque inattention, soit par une alternance rapide d'idées donnant naissance à des pensées fantastiques ou à des sentiments très particuliers.
La merveilleuse expérience du Père Kircher
Au XVIIe siècle, à Rome, un père jésuite, Athanasius Kircher, publiait dans un ouvrage intitulé "Ars magna lucis et umbræ" (Rome 1646), des observations particulièrement intéressantes, notamment sa merveilleuse expérience sur l'hypnotisme d'un coq ou d'une poule. "Si nous appuyons légèrement contre terre la tête d'un coq, dit-il, et que nous tracions un trait à craie, droit ou en zigzag devant son bec, l'animal même après avoir été lâché, restera dans cette position peu commode jusqu'à ce qu'un événement particulier (bruit, contact) le réveille."
Daniel Schwenter, le précurseur
Quelques années avant Kircher, ces expériences avaient déjà été décrites par Daniel Schwenter, professeur de mathématiques et d'orientalisme à l'Université d'Altdorf, dans un ouvrage intitulé : Deliciæ physico-mathematicæ (Nuremberg, 1636); la manière de charmer un coq s'y trouve décrite : Le Professeur Schwenter fait remarquer que l'expérience réussit aussi bien en plaçant un copeau ou un petit bois plié en deux à cheval sur le bec de l'animal. Le coq regarde la plupart du temps avec une sorte d'hébétude ces petits objets et tombe en l'état de rigidité pour un temps assez long. Schwenter attribue la cause de cette manifestation à l'effroi de l'animal. Kircher avait renouvelé ces expériences avec des craies de couleur sans toutefois parler des résultats.
Il explique les résultats de ses expériences
Dans son ouvrage inlitulé "Magnes sive de arte magnetica (paru à Amsterdam en 1671), il explique les résultats de ses expériences par deux causes : a) l'animal qui se trouve entravé brusquement dans sa liberté de mouvement, après quelques efforts inefficaces en raison de la peur et de la contrainte, se sent obligé de se soumettre à la volonté de son vainqueur et continue à rester immobile. b) une fois l'animal fasciné et même après avoir été lâché, il reste encore sans bouger parce que le trait tiré à la craie lui donne la sensation d'être toujours attaché. Depuis Kircher de nombreux chercheurs ont essayé de fasciner des animaux. Une véritable mode, à la fin du siècle dernier, a multiplié ces expériences.
Joseph Fabre
Le savant français Joseph Fabre, que ses observations sur l'intelligence des animaux a rendu célèbre dans le monde entier, écrit que, jeune étudiant, il fascinait des troupeaux entiers de dindons, au grand désespoir dc leurs propriétaires : il mettait la tête de l'animal brusquement sous son aile et le faisait tournoyer en l'air ; l'animal tombait dans un sommeil de caractère hypnotique. Sa rigidité devenait parfois telle que l'on aurait pu le croire mort. On a souvent essayé de donner une explication scientifique à ces faits, sans y parvenir. La difficulté des recherches se trouve accrue du fait que dans certaines expériences, l'animal restait en catalepsie même lorsque l'on ne trace pas de devant son bec. Il suffit parfois d'attraper brusquement l'animal et d'appuyer quelques instants sa tête par terre ; la main une fois enlevée, il continuera à rester immobile et rigide. Cette expérience peut se faire avec des merles noirs, des serins, des oies, des hiboux, des aigles, des cigognes, des paons, etc... Les animaux fascinés peuvent être placés dans les positions les plus incommodes, ils y restent en demeurant toujours rigides.
Mais, en dépit des zones d'ombres, et au delà des doctrines, l'hypnose fait désormais partie de la panoplie des thérapies qui guérissent et ne peut plus être ignorée.
Dr François Völgyesi L'hypnotisme et le mystère cérébral (Budapest 1935)
Il s'agit d'un mythe qui remonterait au temps des Pharaons. 22 gravures auraient été transmises par le dieu Thot, messager des dieux auprès des Hommes.
Moïse qui avait été recueilli par les Egyptiens et considéré comme le frère de Pharaon a été élevé dans l'enseignement des prêtres et aurait pris connaissance de ces tableaux. Lors de la fuite des Juifs hors d'Égypte, Moïse aurait transmis sa connaissance à son peuple par un alphabet qui est constitué de 22 lettres. Cette connaissance porte le nom de kabbale où chaque lettre a un équivalent numérique.
Certains chercheurs sont convaincus d'un héritage antique (égyptien, chinois, indien, judaïque, grec, romain, etc.) qui en fin de compte se serait matérialisé, sous une forme christianisée, dans les sujets allégoriques du Tarot. D'aucuns souligneront plus particulièrement l'aspect alchimique tandis que d'autres préféreront mettre en relief les apports platoniciens et pythagoriciens peut-être d'origine byzantine[1] de la seconde moitié du XVe siècle en Italie du Nord notamment florentins : Néoplatonisme médicéen.
L’Harmonie céleste
Le jeu des Tarots est fondé sur 56 cartes numérales dites "italiennes", mais en fait d’origine arabe ("coppe", "denari", "bastoni" et "spade") et de 22 cartes connues en tant que Triomphes introduites au début du XVe siècle en Italie. (Les Triomphes seront nommés aussi Atouts dans le Tarot à Jouer et, ultérieurement, arcanes majeurs pour les ésotéristes)
Ce jeu dérive des "Triomphi" de Pétrarque (d'où "Triomphe" de l'Italien "Trionfi") qui, dans cette œuvre, décrit les principales forces qui gouvernent les hommes en assignant à chacune d'entre elles une valeur hiérarchique. En premier lieu vient l’Amour (l’Instinct) que maîtrise la Modestie (la Raison). Puis la Mort, dont vient à bout la Renommée, elle-même attaquée par le Temps, L'Eternité ou Dieu - qui triomphe sur toutes les autres.
Dans les jeux des cartes des Tarots, les Triomphes étaient d'abord au nombre de 6 puis de 22, nombre dont la signification mystique selon la numérologie chrétienne, représente l'introduction à la sagesse et les enseignements divins gravés en l'homme.
La théologie médiévale attribue à l’univers un ordre précis, constitué d’un escalier symbolique qui va de la Terre jusqu'au Ciel : du haut de cet escalier, Dieu, la Cause Première, gouverne le monde, sans toutefois intervenir directement mais en opérant ex gradibus, à savoir par le biais de toute une série ininterrompue d’intermédiaires. C'est ainsi que Sa puissance divine est transmise aux créatures inférieures, - et ce, jusqu’au mendiant le plus humble. En revanche,si nous lisons cette 'symbologie' depuis l'En-Bas jusqu'à l'En-Haut, il nous est enseigné que l’homme peut graduellement s'élever dans l’ordre spirituel en gravissant les cimes du "bonum", du "verum" et du "nobile", et que la science et les vertus le rapprochent de Dieu.
D'après la première liste de Tarots connue, du début du Seizième Siècle, il est évident qu'il s'agissait d'un jeu éthique.
Le Bagatto (Bateleur) représente un homme ordinaire auquel ont été donnés des guides temporels, l’Impératrice et l’Empereur, et des guides spirituels, le Pape et la Papesse (la Foi).
Les instincts humains doivent être tempérés par les Vertus : l’Amour par la Tempérance, le désir de puissance (le Char Triomphal), par la Force. La Roue de la Fortune enseigne que le succès est éphémère et que même les puissants sont destinés à devenir poussière.
Ainsi l’Hermite, qui vient après la Roue, représente le Temps auquel chaque être doit se soumettre tandis que le Pendu avertit du danger de céder à la tentation et au péché avant l'arrivée de la Mort physique .
Même la vie après la mort est représentée selon la conception propre au Moyen Âge : l’Enfer, et partant, le Diable, sont placés au centre de la Terre tandis que les sphères célestes sont au-dessus de la Terre.
Conformément à la vision aristotélicienne du cosmos, la sphère terrestre est entourée des "feux célestes", représentés, dans les Tarots, par la foudre qui tombe sur une tour. Les sphères planétaires sont 'synthétisées' en trois planètes principales: Vénus, l’étoile prééminente, la Lune et le Soleil.
L'étoile la plus haute est l’Empyrée où siègent les Anges qui, lors du Jugement dernier, seront chargés de réveiller les Morts dans leurs tombes - quand la Justice divine triomphera pesant les âmes pour séparer les bons des méchants.
Au-sommet de tout cet agencement se trouve le Monde, à savoir Dieu le Père, ainsi que l’a écrit un moine anonyme qui commenta les Tarots à la fin du XVe siècle.
Ce même auteur place le Fol après le Monde comme s’il s’agissait d’indiquer qu’il est étranger à toutes les règles et à tous les enseignements.
Au cours du XVe siècle, le jeu de Tarot était connu comme "Ludus Triomphorum", et ce n’est qu’au début du XVIe siècle qu’a fait son apparition le terme ‘Tarocchi’, ou Tarots.
L’origine de ce nouveau mot est encore sujet à controverses de nos jours... D’aucuns pensent qu’il vient de l’Arabe signifiant “Tariqa”, à savoir La Voie de la Connaissance Mystique, ayant pour source d’inspiration ‘Tara’, la déesse du Savoir (la ‘Tara Verte’ représente la déesse du Savoir Suprême dans le Bouddhisme Tibétain). D’autres y voient un rapport possible avec la technique ‘Taroccato’ en usage dans les cours du Nord de l’Italie, utilisée pour décorer des manuscrits enluminés avec un poinçon, tandis que certains considèrent encore que le mot ‘tarocco’ proviendrait du dialecte ‘tarocar’ qui signifie "faire des choses folles ou insensées" à l’occasion de paris lors de jeux de hasard. D'autres encore y voient une anagramme du mot "rota", la roue, voulant dire par là que le tarot, comme l'univers, est un éternel recommencement, un peu comme le cycle de la nature : naissance, croissance,déclin et mort ("l'Encyclopédie du Tarot", R.Kaplan).
Les Allégories des Tarots
Les allégories qui apparaissent sur les Atouts appartiennent au répertoire iconographique propre à la quasi totalité de l’Europe du XIIIe siècle. On les trouve sur les décorations des cathédrales gothiques, sur les fresques des édifices publics et dans les manuscrits encyclopédiques et astrologiques.
Dans la pratique, les figures représentées sur les cartes des Triomphes constituent une authentique Biblia Pauporum à savoir une « Bible des Pauvres ». En jouant aux cartes, le peuple accédait directement par leur intermédiaire à une connaissance du mysticisme chrétien et à son contenu dont les concepts étaient ainsi continuellement rappelés à leurs esprits, selon la méthode de l’ Ars Memoriae de l’époque.
Les allégories sont aisément déchiffrables par référence au contexte culturel des cours de l’Italie du Nord au vu de leur goût pour les images moralistes issues tant de la tradition religieuse que de la mythologie classique. Ces images étaient d’une part tenues pour des représentations des héros civilisateurs qui initièrent les hommes à de nombreux arts, telle Minerve - la première tisseuse, ou Apollon - le dieu médecin. D’autre part, elles étaient considérées comme les allégories des vices et des vertus, et c’est cette interprétation que l’on trouve dans certaines cartes des Triomphes.
Des exemples tout à fait évidents incluent : la Force, représentée par Hercule terrassant le lion Némée, symboles des instincts animaux ; l’Amour représenté par Cupidon s’apprêtant à lancer ses flèches sur les Amants imprudents ; la Prudence, représentée par Saturne ; la Modestie de Diane ; l’Immodestie de Vénus ; la Vérité par Apollon qui illumine la Terre de son disque solaire.
De nombreuses figures des Tarots s’inspirent clairement de l’iconographie chrétienne. Ainsi le Monde, représenté tantôt par la Jérusalem céleste à l’intérieur d’une sphère portée par des anges ou surplombée par la Gloire céleste. La carte de la Papesse renvoie à l’image de la Foi, identique à celle représentée par Giotto dans la Chapelle des Scrovegni à Padoue.
Parmi de nombreuses autres représentations possibles des Vertus telles que la Tempérance, la Justice et la Force se trouve l’iconographie classique présente dans les églises gothiques et dans les miniatures des livres saints.
Les traités d’astrologie de l’époque constituèrent une autre source d’inspiration. La figure du Bagat ou Bateleur apparaît parmi les "Fils de la Lune" à savoir parmi les métiers placés sous l’influence de l’astre.
Le Misero ou Fol figure parmi les « Fils de Saturne » ; l'image des Amoureux parmi les "Fils de Vénus" ; le Pape parmi les "Fils de Jupiter" et l’Empereur parmi les "Fils du Soleil". En outre, des figures d’astrologues apparaissent dans différents jeux des Triomphes en tant que représentations de la Lune et des Étoiles.
Enfin, sont présentes des images de la vie quotidienne. Un exemple extrêmement intéressant est la figure du Pendu qui fait référence à la peine infligée aux traîtres. Dans la Chapelle Bolognini à San Petronio (Bologne) une figure identique est représentée sur une fresque de Giovanni da Modena car l’idolâtrie était perçue comme la plus affreuse des trahisons : le reniement du Créateur. Bien que la peine de la pendaison par un pied soit représentée dans d’autres œuvres, la fresque de San Petronio est l’unique exemple connu qui coïncide parfaitement avec la Carte du Tarot.
Le Livre de Thot ou l’interprétation ésotérique des tarots
La renaissance des Tarots comme instrument magique intervient à la fin du XVIIIe siècle, en pleine période des Lumières. Elle est l’œuvre d’un archéologue, célèbre à l’époque : Antoine Court de Gébelin, membre de la franc-maçonerie française.
"Si nous annoncions, aujourd’hui, qu’existe une œuvre qui contient la doctrine la plus pure des Égyptiens qui aurait échappé aux flammes de leurs bibliothèques, qui ne serait impatient de connaître un livre aussi précieux et extraordinaire ? Et bien ce livre existe et ses pages sont les figures des Tarots”.
Pour justifier ses affirmations, Court de Gébelin explique que le mot Tarot vient de l’égyptien Ta-Rosch qui signifie Science de Mercure (Hermès pour les Grecs, Thot pour les Égyptiens). Puis, aidé par un collaborateur inconnu, il indique les nombreuses propriétés magiques du Livre à peine redécouvert.
Ces théories sont reprises par un autre franc-maçon, Etteilla, pseudonyme de Jean-François Alliette : “Le Tarot est un livre de l’Égypte ancienne dont les pages contiennent le secret d’une médecine universelle, de la création du monde et de la destinée de l’homme. Ses origines remontent à 2170 avant J.-C. quand dix-sept magiciens se réunirent en un conclave présidé par Hermès Trismégiste. Il fut ensuite incisé sur des plaques d’or placées autour du feu central du Temple de Memphis. Enfin, après diverses péripéties, il fut reproduit par de médiocres graveurs du Moyen Âge avec une quantité d’inexactitudes telle que son sens en fut dénaturé".
Etteilla restitua aux Tarots ce qu’il estimait être leur forme primitive et il en remodela l’iconographie ; il le baptisa Livre de Thot. L’héritage du néoplatonisme et de l’hermétisme de la Renaissance est clairement présent dans les manipulations opérées par Etteilla. En effet, dans les huit premiers triomphes, il reproduit les phrases de la Création ; dans les quatre suivants, il souligne que les vertus conduisent les âmes auprès de Dieu ; et enfin dans les dix derniers, il représente les conditionnements négatifs auxquels les êtres humains sont soumis.
Les 56 cartes numérales furent interprétées comme les sentences divinatoires pour les mortels. Grâce à ces révélations, prit un grand essor la mode de la cartomancie.
Toutefois, bien plus tard, la dimension mystique du Livre de Thot fut revalorisée par Eliphas Lévi.
Eliphas Lévi dénonça les erreurs d’Etteilla en affirmant que les 22 Triomphes correspondaient à 22 lettres de l’alphabet hébreu mosaïque. Et il en explique le rapport avec les opérations magiques, avec le symbolisme franc-maçon et surtout avec les 22 sentiers de l’Arbre de la Qabbale, qui reflètent les structures identiques de l’homme et de l’univers.
En parcourant les 22 canaux du savoir suprême, l’âme humaine pouvait parvenir à la contemplation de la lumière divine.
Les théories de Lévi furent reprises par de nombreuses confraternités occultistes et chacune d’entre-elles réalisa de nouvelles cartes des Tarots conformes à sa propre philosophie.
Pour certaines, l’objectif des initiés était la réalisation d’un grand Temple Humanitaire visant la création du Règne du Saint-Esprit fondé sur l’ésotérisme commun à tous les cultes. Pour d’autres, les Tarots représentaient les étapes d’un parcours individuel d’élévation mystique ou d’exaltation psychique grâce à l’obtention de grands pouvoirs magiques.
Tarots et cartomancie
Il est généralement admis que la période qui couvre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, fut propice aux prophètes et aux devins, en France et ailleurs, en raison des incertitudes politiques et de l’aggravation de la crise économique.
Bien que Merlin Cocai (pseudonyme de Teofilo Folengo), ait, en 1527, écrit sous une forme littéraire une sorte de traité de lecture divinatoire avec les tarots similaire à celle couramment en usage - la pratique prophétique des cartes n'était pas courante pendant la Renaissance.
Nous savons que le premier document attesté contenant la liste des cartes avec leurs valeurs divinatoires respectives appartient à la ville de Bologne et doit être daté des premières années du XVIIIe siècle.
Ce n’est qu’au XIXe siècle que le nombre de cartomanciennes s'accrut de façon considérable grâce aux stupéfiantes révélations de Court de Gébelin, d’Etteilla et des confraternités occultistes.
Une des plus célèbres cartomanciennes de l'époque fut Mademoiselle Lenormand, dont la fortune reposa sur une habile utilisation de son image publique. Tout au long de sa carrière, Mademoiselle Lenormand vit défiler dans son salon des personnages de la stature de Robespierre, Marat, Danton, Napoléon Bonaparte, et devint la confidente de l’impératrice Joséphine.
La “Sibylle des Salons”, ainsi qu’elle était surnommée, fut imitée par d’innombrables devineresses qui s’efforcèrent de tirer profit de leur art en prétendant être les élèves et les disciples voire les héritières de la plus illustre sibylle. D’autre créèrent de nouvelles cartes de cartomancie basées sur les Tarots égyptiens d’Etteilla ou sur les cartes à jouer françaises.
Vers 1850, la divination par le biais des tarots et des cartes à jouer était devenue une technique divinatoire extrêmement populaire dans l’Europe entière. Et à cette même époque, la renaissance des philosophies ésotériques redonna vigueur aux arts magiques et à la cartomancie en particulier.
La diffusion de cette pratique, toutes classes sociales confondues, s’accompagna d’une vaste production industrielle pour répondre aux attentes du public. Au cours du XIXe siècle furent imprimés, essentiellement en France, en Italie et en Allemagne, au moins une centaine de jeux qui dans la plupart des cas n’avaient qu’un rapport lointain avec les Tarots mais davantage avec les livres d’interprétation des songes ou avec la "Kabbale du Loto".
On peut affirmer que depuis lors cette mode a conservé toute sa vigueur, si l’on excepte les périodes de guerre.
A tort selon nous, les sociologues s’interrogent aujourd’hui sur les raisons de ce qu’il est convenu de définir aujourd’hui comme un retour de l’irrationnel mais qu’il convient d’envisager davantage comme une présence qui témoigne d’un besoin constant, dans l’histoire occidentale, de plus grandes certitudes.
Au-delà de l’aspect divinatoire, il convient par ailleurs de tenir compte de la dimension artistique. La création des cartes a en effet souvent vu à l’œuvre de très talentueux dessinateurs et peintres dont le travail témoigne, non seulement d’un goût personnel, mais également d’une sensibilité artistique et des courants des époques dans lesquelles il s’inscrit."
Les arcanes Majeurs
Ils sont au nombre de 22. Ils sont numérotés en chiffres romains additifs, à l'image du IIII de nos cadrans d'horloge, dans les éditions les plus anciennes. Certains modernes usent de chiffres arabes.
XIIII. Tempérance XV. Le Diable XVI. La Maison Dieu (ou la Tour) XVII. L'Étoile XVIII. La Lune XVIIII. Le Soleil XX. Le Jugement XXI. Le Monde XXII. Le Mat (ou le Fou) XXIIe ou "Zéro" selon la convention choisie. Le Mat est parfois classé au 21° rang, Le Monde étant alors au 22°. C'est l'ordre adopté par l'auteur anonyme de l'ouvrage Méditations sur les arcanes majeurs du Tarot.
Les arcanes Mineurs
Ce sont les cartes « habituelles », réparties en quatre couleurs ou séries: le denier (ou l'écu), le bâton, l'épée, la coupe. Chaque couleur ou série compte 14 cartes : l'As, les neuf nombres, le Valet, le Cavalier (ou le Chevalier), la Reine et le Roi.
Dans certains jeux de tarots les arcanes mineurs sont moins nombreux. Le Tarot d'Isis par exemple, en compte 14.
Les pratiques divinatoires
Il existe plusieurs façons de procéder à un tirage. L'une des méthodes les plus simples, utilisée pour avoir des éclaircissements sur une question est le tirage en ligne. Cette méthode ne met en jeu que les arcanes majeurs.
On commence par mélanger les cartes. On coupe de la main gauche et on tire une carte au hasard en posant mentalement la question « le moment est-il propice pour procéder à un tirage ». Suivant la lame tirée on choisit ou non de procéder au tirage.
Si l'on choisit de procéder au tirage, on prend le paquet dans la main droite, on se place dans un état de réceptivité mentale jusqu'à ce qu'un nombre entre 1 et 22 vienne à l'esprit. On compte ensuite les cartes jusqu'à arriver à la nième choisie et on la place à gauche, sans la retourner. On pose ainsi 3 cartes, représentant chacune le passé et les motivations du problème présent du consultant, le présent et le problème auquel fait face la consultant et l'avenir ou la façon dont le problème se confrontera au consultant. On peut aussi bien choisir un tirage en ligne à cinq cartes qui est sensiblement similaire ; la carte 1 représente le passé, la carte 2 les motivations profondes cachées au consultant et qui sont souvent à l'origine du problème, la carte 3 est le présent, la carte 4 l'atmosphère qui entoure le consultant et la carte 5 la conclusion.
On peut également procéder au tirage en croix grecque. En procédant de la même manière, on choisit une autre carte que l'on place à droite, puis une autre que l'on place en haut, et une dernière que l'on place en bas. Si l'on arrive au bout du paquet, on replace simplement les cartes comptées à la fin du paquet.
On a devant soi à present les 4 cartes placées en croix. On les retourne. La première carte à gauche représente la personne qui interroge le Tarot, le consultant, la carte de droite représente son environnement, la carte du haut représente la voie à suivre ou le sens vers lequel la situation évolue, la carte du bas représente la conclusion probable.
Si l'on en ressent le besoin on peut calculer une cinquième carte, dite synthèse. On additionne les valeur numériques des 4 cartes et l'on procède à une réduction théosophique en additionnant les chiffres composant le nombre obtenu. Exemple : Si les 4 cartes sont Papesse, Tempérance, Chariot et Soleil, on obtient 42. 4+2=6, la synthèse est donc l'Amoureux. Si jamais la synthèse est une carte qui se trouve déjà dans le tirage, on extrait la valeur numérique de cette carte et on refait la réduction théosophique. Exemple : on obtient 40, mais l'Empereur fait déjà partie du tirage. On retire donc 4 à 40, ce qui donne 36. 3+6=9, la synthèse du tirage est l'Ermite.
Il y a enfin une dernière méthode plus complexe qui utilise 10 cartes et qui donc nécessite les arcanes mineures et majeures : les 5 premières cartes sont disposées en croix grecque avec la seconde carte posée sur la première, décalée à 90°. Les cinq autres cartes sont disposées en ligne verticale à droite de la croix du bas vers le haut.
La première carte, au centre de la croix, symbolise le consultant lui-même et l'état dans lequel il se trouve.
La seconde carte, sur le consultant, est le problème auquel le consultant est confronté
La troisième carte, à gauche, est le passé du consultant.
La quatrième carte, à droite, est la future situation du consultant.
La cinquième carte, au dessus, symbolise l'atmosphère de la situation.
La sixième carte, en dessous, représente les motivations profondes et insoupçonnées du consultant.
La septième carte, en bas à droite est la personne ; c'est une personne qui interferre dans la vie du consultant, cela peut être quelqu'un dont il a déjà été question dans les 6 premières cartes, quelqu'un d'inconnu ou non.
La huitième carte symbolise le regard des autres sur notre action et ce qu'ils vont en penser.
La neuvième carte représente les peurs du consultant qui l'empèchent d'arriver à son épanouissement.
La dixième carte est la conclusion.
Le Jeu de la Reine
Etendre, sans regarder, cinq carte sur la table . en choisir vingt quatre autres et demander au consultant de les mélanger et de couper de la main gauche. Retourner les cinq premières cartes: la première évoque le présent; la deuxième le destin qui accompagnele consultant tout au long de sa vie; la troisième symbolise l'amour; la quatrième la famille; la cinquième la position sociale. Puis partant de la carte se trouvant au dessus du paquet de vingt quatre carte, lequel a été précédemment mélangé et coupé par le consultant, répartir successivement quatre cartes sur chacune des cinq cartes retournées. Les quatre cartes se trouvant sur la première des cinq indiquent ce qu'il advient du présent; celles qui se trouvent sur la deuxieme carte prédisent l'avenir; celles qui se trouvent sur la troisième concernent l'amour; celles qui se trouvent sur la quatrième évoquent la famille; celles qui se trouvent sur la cinquième indiquent la position sociale. Les quatre cartes restant après cette distribution se découvrent en dernier: les deux premières d'entre elles concernent l'imprévu, les deux autres la chance.
Satanisme LaVeyen Une forme de religion pour laquelle Satan n'est pas un dieu, mais un symbole de nature humaine et d'individualisme - c'est une "force de la nature".
Il me semble important de commencer ce bref coup d'oeil sur le satanisme par un avertissement. Dark-Refuge est un site libre, je n'ai pas d'actions chez LaVey, je ne pratique par encore de messes noires, je ne créve pas les chats, et je ne pratique aucunement la magie à mes heures perdues. Je tiens à rassurer les puritains choqués.
par l'image que nous en revoit les mass media: celle de jeunes en manque d'identité qui pensent que gribouiller des pentacles sur les tombes c'est top. Le satanisme est une doctrine ancienne qui a des codes, des régles, des principes comme toutes doctrines. Ce n'est aucuement la vénération du malin .
Satan tel que nous le représente l'Eglise à notre époque, est le malin, la face caché et forcément mauvaise de l'humanité, le tentateur. Je ne vous apprendrais rien en vous disant que l'Eglise dans un désir d'absorber les anciennes croyances païennes à fortement copiées celles-ci pour constituer son propre "panthéon".
Le mythe de Satan tel que se le représente les satanistes est plus proche de la vision originelle de ce que fut ce personnage avant que l'Eglise n'en face ce qu'il est actuellement. Cette vision est simplement celle du dieu Pan, et plus particuliérement de son influence: Pan est une force de la nature, un être hédoniste, qui vit donc pour profiter pleinement des plaisirs de la chair (hérétique va!).
L'idéologie sataniste se rapproche grandement de celle du siécle des lumiéres; à savoir que l'homme est le centre de toutes choses, il est entiérement libre de ne pas suivre un dogme, libre de ne pas de vénérer un dieu, libre d'être lui même. C'est une idéologie complétement en contradiction avec la vision centrée sur une entité supérieure comme le prône l'Eglise.
Origine
Le principe du satanisme est une inversion des dogmes chrétiens qui prône l'adoration du Prince du Mal : Satan, Lucifer, le diable... quel que soit son nom. Cette théologie négative a toujours existé dans le mythe judéo-chrétien mais n’est devenue dualiste qu’à partir des Évangiles et du Nouveau Testament. Le dieu unique de l’Ancien Testament Yahvé se montre parfois redoutable, et comme ses équivalents du Moyen-Orient, il dispose d’agents, malak Yahveh, anges chargés des basses besognes. Parmi eux se trouve un type d’ange, un satan, de la racine hébraïque stn signifiant « l’opposant », « celui qui met un obstacle ». Le terme « satan » est un titre et non pas un nom personnel, ce type d’ange faisant partie de la cour de Dieu comme bene’elohim (« fils de dieu »). Pour comprendre l’évolution de Satan en ange rebelle, il faut se replonger dans la littérature apocryphe apocalyptique d’avant l'ère chrétienne. Les livres d’Enoch décrivent la révolte des anges qui enfreignent la séparation entre le divin et l’humain en s’accouplant aux femmes. En outre, ils apprennent à l’humanité la métallurgie, l’art des bijoux et des cosmétiques. Ici naît l’existence du mal. Un lien est établi entre le sexe, la maîtrise de la technique par l’homme et le mal. L’ange prométhéen, Lucifer, est puni pour sa désobéissance, pour avoir transmis la connaissance charnelle et intellectuelle contre la volonté de Dieu.
Naissance du dogme
Au début du XXe siècle commencent à émerger des organisations dites lucifériennes, comme la Fraternitas Saturni, le Palladisme de Margiotta et Pike (probablement une invention des écrivains catholiques de l'époque), ou encore l’Astrum Argentum de Crowley. De ces noms, on ne retient souvent que les orgies de drogue et de sexe, ainsi que les doctrines et pratiques ésotériques souvent issues de la Kabbale hébraïque. Cependant, Crowley sortira du lot, créant sa religion thélémite basée sur une gnose hermétique (et qui donnera plus tard naissance à la magie du Chaos de Peter Carroll). Elle laissera une trace par son esprit libertaire.
Satanisme de LaVey
Il faut attendre Anton Szandor LaVey et sa Bible Satanique en 1969, acte de naissance de la philosophie et religion sataniste, pour parler de satanisme moderne. LaVey avait fondé trois ans auparavant l’Église de Satan à San Francisco, dans un acte symbolique pour rassembler des individus liés par le mythe du Prince des Ténèbres. Car il s’agit bien de la symbolique du mythe de Satan sur lequel le Satanisme moderne fonde sa philosophie : il n'y a ici nulle croyance en une déité nommée Satan. Bien que le terme de religion soit employé, il faut en préciser le sens. Le Satanisme moderne place le sentiment de divinité en soi-même, cultive l’ego, Satan étant l’incarnation des instincts charnels de l’Homme et l‘affirmation de sa volonté. LaVey puise son inspiration de Nietzsche, Darwin, Jung, Reich et de la philosophie objectiviste d’Ayn Rand.
LaVey a une idée précise, née de son observation des comportements humains, de la philosophie de vie qu’il veut édicter. Il récupère notamment dans un livre oublié Might is Right de Ragnar Redbeard des éléments pour Le Livre de Satan. La pensée darwiniste (brutalisée) et anti-religieuse de Redbeard convient parfaitement au point de vue satanique; cependant LaVey en expurge toutes les notions raciales propre à Redbeard et à son époque. Le Satanisme moderne base son élitisme sur l’intelligence et non pas sur une prétendue race supérieure. Il signifie une adhésion au principe que toutes nos convictions, nos buts, nos valeurs, nos désirs et nos actions devraient être fondés sur, dérivés de, choisis et validés par un processus rationnel aussi précis et scrupuleux qu’il nous soit possible, en stricte application des lois de la logique. Il signifie notre acceptation de la responsabilité de former nos propres jugements et de vivre du travail de notre propre esprit (indépendance). Il signifie que nous ne devrions jamais sacrifier nos opinions aux convictions ou aux désirs irrationnels des autres (intégrité) ; et que nous ne devrions jamais chercher à nous approprier ou à nous octroyer ce que nous ne méritons pas, ou ce qui ne nous revient pas de droit - que ce soit dans le domaine matériel ou spirituel (respect de la propriété individuelle). Il signifie que nous ne devrions jamais désirer d’effets sans causes, et que l’on ne devrait jamais donner naissance à une cause sans assumer pleinement la responsabilité de ses effets ; que nous ne devrions jamais agir comme un zombie, c’est-à-dire sans connaître nos propres buts et motifs ; que nous ne devrions jamais prendre de décisions, nous forger des convictions ou nous approprier des valeurs hors contexte, c’est-à-dire sans tenir compte de la somme totale et intégrée de nos propres connaissances ; et, par-dessus tout, que nous ne devrions jamais tenter de laisser passer une contradiction. Il signifie aussi le rejet de toute forme de mysticisme, c’est-à-dire de toute prétention à une source de connaissance surnaturelle et non sensorielle. Il signifie enfin un engagement à user de la raison, non de manière sporadique ou en l’appliquant seulement dans certaines circonstances, ou dans des cas d’urgence, mais comme une façon de vivre permanente. LaVey résume ceci avec pragmatisme dans ses onze règles de la Terre :
01. Ne donnez pas votre opinion ou vos conseils à moins qu'on ne vous l'ait demandé. 02. Ne confiez pas vos angoisses ou autres troubles à autrui à moins que vous ne soyez certains d'être écouté. 03. Si vous allez dans la maison d'un autre, montrez-lui du respect, sinon n'y allez pas. 04. Si un invité dans votre maison vous contrarie ou vous embête, traitez-le cruellement et sans pitié. 05. Ne faites pas d'avances quelles qu'elles soient, à moins que vous ne puissiez réaliser ce que vous avancez (ne soyez pas prétentieux). 06. Ne prenez pas ce qui ne vous appartient pas, à moins que ce bien soulage son propriétaire et qu'il veuille s'en défaire. 07. Reconnaissez le pouvoir de la magie si vous l'avez employée avec succès pour réaliser vos désirs. Si vous reniez ces pouvoirs après y avoir fait appel avec succès, vous perdrez tout ce que vous aurez obtenu par leur aide. 08 Ne vous plaignez de rien qui ne vous concerne pas personnellement. 09. Ne maltraitez pas les enfants. 10. Ne tuez pas d'animaux, sauf pour vous défendre ou pour vous nourrir. 11. Quand vous sortez, n'ennuyez personne. Si quelqu'un vous ennuie, dites-lui d'arrêter. S'il continue à vous ennuyer, détruisez-le !
De la même façon que l'homme est un autodidacte dans le domaine matériel, il est un « autodidacte dans le domaine spirituel ». Cela signifie que l’on doit mériter le droit de se considérer soi-même comme notre plus grande valeur en réalisant notre propre perfection morale, c’est-à-dire en refusant d’accepter tout code fondé sur des vertus irrationnelles qui seraient impossibles à mettre en pratique. Il faut s’assurer alors d'user de celles qui le sont, en refusant toute culpabilité imméritée, en ne s’y exposant pas et en corrigeant promptement celle que l’on aurait pu mériter. Et enfin, par-dessus tout, la perfection morale s’accomplit en refusant de jouer le rôle d’un animal sacrificiel et en refusant toute doctrine qui prêche l’auto-immolation comme une vertu ou un devoir moral.
L’individualisme est au centre du satanisme, un individualisme éclairé où l'ego se réalise pleinement - « indulgence au lieu d’abstinence » disait A S. LaVey, « mais pas compulsion », ajoutait-il. Le satanisme place l’humain comme la seule valeur supérieure, en cela il est un concept anti-théos, mais il se bat aussi contre le structuralisme conservateur de nos sociétés modernes qui étouffe l’essence de chaque homme. Le satanisme nie l’égalitarisme « démocratique », le qualifiant de mensonge pieux qui permet aux gouvernants de vendre de la liberté « formelle », posant comme acquis l'idée de tous les hommes égaux en valeur. L’égalité n’est pas une loi de la nature, ni en corps ni en esprit. Selon la doctrine sataniste, malgré son degré d’évolution, l’homme reste un animal, et de par ses instincts la loi de la jungle prévaut sur terre, malgré les bonnes manières « civilisées » de l'homo sapiens. La liberté est le bien le plus précieux pour un sataniste, c’est pourquoi « il est préférable d’être un maître en enfer, qu’un esclave au paradis ! » (John Milton, Paradise Lost, Livre I, vers 263: "Better to reign in Hell than serve in Heaven!").
Le satanisme moderne se veut une tranchante césure rationnelle avec les tâtonnements occultistes passés, une philosophie de vie où l’humain reprend son trône au divin, essayant ainsi de maitriser le destin des hommes en leur évitant, la misère, la guerre et les souffrances. Le satanisme contemporain pourrait devenir une nouvelle voie pour une mondialisation qui ne soit plus uniquement monétaire. La mondialisation peut permettre la diffusion de valeurs et la promotion de la démocratie.
Paul Ariès Éditions Golias 2004 ISBN : 2-914475-63-2
Ouvrage qui est le fruit d'une enquête de plus de douze ans dont six dans le cadre d'une conven-tion conclue avec le Ministère des Affaires so-ciales. Il porte à la connaissance du grand public des informations disponibles depuis 1994 " au sein de l'appareil d'Etat " puisqu'à cette époque, Paul Ariès était l'auteur d'un rapport de mission sur le satanisme. Jusqu'à la parution du présent ouvrage, il avait choisi de taire certaines informations pour préserver des enquêtes en cours.
Les sorciers ne sont pas voués au mal. * Les sorciers ne font pas commerce avec Satan. * Les sorciers s'habillent en noir parce que cette couleur absorbe l'énégie, et non pour des raisons maléfiques. * Les sorciers ne sont pas laids, verts, vieux et boutoneux. Ils existe des sorciers jeunes et beau, et des sorciéres jeunes et belles. * Les sorciers empruntent les transports en commun et non pas un balai. * Les sorciers usent de pouvoir psychique comme les religieux prient pour obtenir un résultat. * Les sorciers utilisent un bâton ou une baguette magique pour diriger les énégies. * Les sorciers utilisent lénérgie psychique que toute personnes possédent en elle. * Les sorciers considérent la magie et la sorcellerie comme une science, un art et surtout comme leurs religion dont ils usent en harmonie avec l'univers. * Les sorciers portent l'étoile à 5 branche inscrite dans un cercle (le pentagramme) qui symbolise les 5 élément ( eau, terre, air, feu, et le cinquiéme (akasha), l'ésprit divin qui est dirigé vers le ciel).
Bernadette Soubirous (Bernadeta Sobirós en Gascon), de son vrai nom Marie-Bernarde Soubiroux (Maria Bernada Sobirós), née le 7janvier1844 à Lourdes, et décédée le 16avril1879 à Nevers, est une sainte catholique, célèbre pour avoir été témoin, selon elle, d'apparitions de la Vierge, à plusieurs reprises, dans une petite grotte non loin de sa ville natale. Elle a été béatifiée le 14 juin 1925, puis canonisée le 8 décembre 1933.
Enfance
Ses parents, François Soubirous (1807-1871) et Louise Castérot (1825-1866), exploitent le moulin de Boly, où elle est née, jusqu'en 1854. Les Soubirous qui avaient, dit-on, fait un mariage d'amour, ont eu au total neuf enfants dont cinq sont morts en bas-âge. Bernadette est l'aînée. À cette date, l'entreprise familiale est ruinée (trop artisanale en cette époque d'industrialisation, et sans doute mal gérée). Bernadette connaît la faim et la maladie, elle sait à peine lire et écrire. De santé fragile (elle est notamment asthmatique), elle paraît moins que son âge. Elle est par ailleurs belle fille selon les témoignages de l'époque et comme en attestent les photographies qui ont été prises d'elle. Son sentiment religieux est déjà très fort même si elle ignore à peu près tout du catéchisme (« [...] si la Sainte Vierge m’a choisie, c’est parce que j’étais la plus ignorante ! » dira-t-elle plus tard).
Les parents de Bernadette l'envoient chez sa marraine et tante, Bernarde Castérot (1823-1907), qui l'emploie comme servante à la maison.
Les Soubirous déménagent pour une cellule de l'ancienne prison de la rue Haute, surnommée Le cachot (que l'on peut visiter actuellement) et où ils logent à six dans 3,77 x 4,40 m. En 1857, François Soubirous est accusé (apparemment à tort) du vol de deux sacs de farine. Il est envoyé en prison. La famille Soubirous est dans une période de détresse noire.
Apparitions
Bernadette témoigne de dix-huit apparitions de la Vierge entre le 11 février et le 16juillet1858 dans la petite grotte de Massabielle, renfoncement dans une paroi rocheuse le long du Gave de Pau, à proximité immédiate du village de Lourdes. Lors de la neuvième apparition, Bernadette suit les indications de la Vierge et découvre une source d'eau (cette source est en fait connue depuis longtemps).
À la base, la jeune fille déclare qu'elle a vu une lumière. Ce n'est qu'a posteriori qu'elle donnera des descriptions de plus en plus détaillées de ce qu'elle prétend avoir vu.
Jeudi 11février1858. Avec sa sœur Marie (1846-1892), dite Toinette, et Jeanne Abadie, une amie, Bernadette se rend le long du Gave de Pau pour ramasser des os et du bois mort. Du fait de sa santé précaire, elle hésite à traverser le Gave, glacial, comme sa sœur et son amie. Elle est alors surprise par un bruit et lève la tête vers la grotte de Massabielle : « J'aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied ». Bernadette récite une prière, la dame disparaît.
Dimanche 14 février 1858. Ses parents interdisent à Bernadette de retourner à la grotte. Elle insiste, ils cèdent. Sur place, elle récite des chapelets et voit apparaître la dame. Elle lui jette de l'eau bénite. La dame sourit, incline la tête et disparaît.
Jeudi 18 février 1858. Bernadette, sous la pression d'une dame de la bourgeoisie lourdaise, demande à la dame de lui écrire son nom. Celle-ci lui répond : « Ce n'est pas nécessaire ». Puis elle ajoute « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre. Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours ? »
Vendredi 19 février 1858. Bernadette vient à la grotte avec un cierge béni et allumé (ce qui est devenu, depuis, une coutume). La dame apparaît brièvement.
Samedi 20 février 1858. La dame apprend une prière personnelle à Bernadette qui, à la fin de sa vision, est saisie d'une grande tristesse.
Dimanche 21 février 1858. Une centaine de personnes accompagnent Bernadette. La dame se présente (à Bernadette seule) et le commissaire de police Jacomet l'interroge sur ce qu'elle a vu. Bernadette se contente de répéter : « aquerò » (cela)
Mardi 23 février 1858. Accompagnée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la grotte où l'apparition lui révèle un secret « rien que pour elle ».
Mercredi 24 février 1858. La dame transmet un message à Bernadette : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! »
Jeudi 25 février 1858. Trois cents personnes sont présentes. Bernadette explique que la dame lui demande de boire à la source : « Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là. ». Bernadette racontera plus tard : « Je ne trouvai qu'un peu d'eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. ». La foule l'accuse d'être folle et elle répond : « C'est pour les pécheurs ».
Samedi 27 février 1858. Huit cents personnes accompagnent Bernadette. L'apparition reste silencieuse, Bernadette boit l'eau.
Dimanche 28 février 1858. Deux mille personnes assistent à l'extase de Bernadette qui prie, baise la terre, rampe sur les genoux. Le juge Ribes la menace de prison.
Lundi 1er mars 1858. Mille cinq cents personnes accompagnent Bernadette, dont, pour la première fois, un prêtre. La même nuit, Catherine Latapie, une amie de Bernadette, se rend à la grotte et trempe son bras déboîté dans l'eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.
Mardi 2 mars 1858. La foule est très importante. La dame demande à Bernadette : « Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle ». L'abbé Dominique Peyramale, curé de Lourdes veut connaître le nom de la dame et exige en sus une preuve précise : il veut voir fleurir le rosier/églantier de la grotte en plein hiver.
Mercredi 3 mars 1858. Trois mille personnes accompagnent Bernadette. La vision ne vient pas. Plus tard, Bernadette se sent appelée et retourne à la grotte où elle demande son nom à la Dame qui lui répond par un sourire. Le curé Peyramale insiste : « Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu'elle dise son nom et qu'elle fasse fleurir le rosier de la grotte »
Jeudi 4 mars 1858. Environ huit mille personnes attendent un miracle à la grotte. La vision est silencieuse. Pendant vingt jours, Bernadette ne ressent plus l'invitation à se rendre à la grotte.
Jeudi 25 mars 1858. L'apparition se montre à Bernadette et dit en gasconbigourdan — la langue que parlait Bernadette —, levant les yeux au ciel et joignant ses mains : « Que soi era immaculada concepcion ». Bernadette retient ces mots, qu'elle dit ne pas comprendre, et court les répéter au curé, qui est troublé : quatre ans plus tôt, le pape Pie IX a fait de l'"Immaculée Conception de Marie" un dogme et Bernadette dit ignorer qu'elle désigne la Vierge. Le rosier n'a toujours pas fleuri.
Mercredi 7 avril 1858. Le docteur Douzous constate que la flamme du cierge que tient Bernadette pendant l'apparition entoure sa main sans la brûler.
Jeudi 16 juillet 1858. C'est la dernière apparition. Une palissade interdit l'accès à la grotte. Bernadette franchit le Gave et voit la Vierge exactement comme si l'adolescente se trouvait devant la grotte.
La reconnaissance des apparitions par l'Église
Le 28juillet1858, soit douze jours seulement après la dernière apparition, Mgr Laurence, évêque de Tarbes, réunit une commission d'enquête destinée à établir le crédit que l'Église doit apporter aux affirmations de Bernadette Soubirous. Cette commission est chargée de vérifier la validité des « miracles » annoncés, en recueillant des témoignages divers et les avis de scientifiques ou de gens d'Église. Elle est aussi chargée d'interroger Bernadette dont la sincérité semblera « incontestable » à l'évêque : « Qui n'admire, en l'approchant, la simplicité, la candeur, la modestie de cette enfant ? Elle ne parle que quand on l'interroge ; alors elle raconte tout sans affectation, avec une ingénuité touchante, et, aux nombreuses questions qu'on lui adresse, elle fait, sans hésiter, des réponses nettes, précises, pleines d'à propos, empreintes d'une forte conviction ». Le fait que la jeune fille répète des mots dits par la Vierge qu'elle ne pouvait pas connaître eu égard à son manque d'instruction, sera un argument décisif.
Entre-temps, la foule des pèlerins venant voir la grotte et y demander de l'aide à Marie ne cesse de croître, il vient des gens de toute l'Europe et de nouveaux témoignages de miracles s'accumulent. « Si l'on doit juger l'arbre par ses fruits, nous pouvons dire que l'apparition racontée par la jeune fille est surnaturelle et divine ; car elle a produit des effets surnaturels et divins »
Quatre ans plus tard, le 18janvier1862, l'évêque rend son avis — favorable : « Nous jugeons que l'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et les jours suivants, au nombre de dix-huit fois, dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes ; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au Jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l'Église universelle ».
C'est ainsi que Lourdes, modeste chef-lieu des Pyrénées, soigneusement évité par le tourisme thermal alors en pleine explosion — son eau n'avait pas les propriétés curatives attribuées à celles de Luchon, Cauterets ou Bagnères-de-Bigorre — est vite devenue la ville touristique la plus fréquentée de la région.
Un fait souvent oublié : à Garaison (aujourd'hui, Monléon-Magnoac, à 70 km de Lourdes), une jeune fille nommée Anglèze de Sagasan avait affirmé avoir entendu la Vierge lui demander de construire une chapelle près de la source. Cela se passait vers 1520. La chapelle a bien été construite et la ville a été un lieu de dévotion et de tourisme religieux aux siècles suivants.
Le départ pour Nevers
Bernadette souhaitait faire sa communion et pour cela, elle devait apprendre à lire et à écrire en français. Elle est donc admise à "l'école des indigents", à l'hospice de Lourdes, tenu par les Sœurs de la Charité de Nevers. Là, elle s'instruit, apprend à lire et apprend le catéchisme et un métier. Les observateurs de l'époque notent que son recueillement en prière est impressionnant, mais qu'elle est aussi gaie, enjouée, espiègle et plutôt autoritaire avec ses compagnes — qui l'apprécient néanmoins beaucoup. Après réflexion elle choisit la congrégation des Sœurs de la charité de Nevers pour vivre son désir de vie religieuse. La Maison-Mère de la congrégation est à Nevers. Avec ses supérieures, elle est d'une obéissance à toute épreuve, comme en témoigne une anecdote : on avait interdit à Soeur Marie-Bernard de retourner à la grotte et on lui demanda : « Si la Vierge t’ordonnait d’y aller, que ferais-tu ? ». Bernadette répondit : « Je reviendrais demander la permission à Monsieur le Curé ».
À l'extérieur, on commence à rendre un inquiétant culte à la jeune bigourdane. Sa photo s'achète, les journaux parlent d'elle, on veut la voir. Le plus sage est de l'éloigner de Lourdes. Certaines personnes, comme l'essayiste britannique Ruth Harris (Lourdes. La grande histoire des apparitions, des pèlerinages et des guérisons, Jean-Claude Lattès, 2001), n'hésitent pas à affirmer que Bernadette devait, en quelque sorte « disparaître » de son vivant afin que l'Église pût maîtriser totalement la capitalisation des miracles lourdais.
Pour une jeune fille sans dot, la vie de sœur était difficilement envisageable, mais Bernadette est désormais célèbre et divers couvents sont prêts à l'accueillir.
Elle quitte donc les Pyrénées qu'elle ne reverra jamais. Elle rejoint le 6juillet1866, la congrégation des Sœurs de la Charité à Nevers. Elle y reste treize années pendant lesquelles elle sera traitée sans égards spéciaux. Elle occupe les postes d'aide-infirmière, de responsable de l'infirmerie et de sacristine. Les quatre dernières années, elle est surtout malade.
Atteinte d'une tuberculose pulmonaire, et souffrant de son asthme chronique contracté lors de la grande épidémie de choléra dans les Hautes-Pyrénées, elle meurt le 16avril1879 au couvent Saint-Gildard de Nevers à 15h30 à l'âge de trente-cinq ans.
Pour les besoins du procès en canonisation, son corps doit être reconnu. Son cercueil sera ouvert trois fois et son corps retrouvé intact. Lors des exhumations, son corps fut lavé et le contact avec les "détergents" aurait noirci la peau : le corps de la vénérable Bernadette est intact, le squelette complet, les muscles atrophiés mais bien conservés ; la peau parcheminée paraît seule avoir subi l'humidité du cercueil. Elle a pris une teinte grisâtre et est recouverte de quelques moisissures et d'une certaine quantité de cristaux de sels calcaires (…) (Dr Talon et Dr Comte, chargés de l'examen du corps après 1923), cités par Dominique Lormier dans Bernadette Soubirous, éd. CMD, 1999. Dans le même livre on apprend que quelques années plus tard, la peau de Bernadette a noirci. Le visage de Bernadette et ses mains ont donc été recouverts d'un très fin masque de cire pour la présentation publique.
Son corps repose dans une châsse de verre et de bronze dans la chapelle de l'Espace Bernadette à Nevers.
Bernadette Soubirous a été béatifiée le 14 juin 1925 et canonisée le 8 décembre 1933.
Ses parents[
son père est François Soubirous, né le 7juillet1807 et décédé le 4mars1871. Étymologiquement, son patronyme signifierait « souverain » (de sobeiran en Gascon).
Marie, dite Toinette (19septembre1846 - 13octobre1892), qui aura six enfants, dont seul le dernier, Jean Alexis Sabathé, atteindra l'âge adulte (pour mourir comme conscrit pendant la guerre de 14-18)
Un miracle est un fait extraordinaire ou surnaturel, attribué à une puissance divine et accompli soit directement, soit par l'intermédiaire d'un serviteur de cette divinité. Les miracles ne sont pas explicables scientifiquement et ce pour deux raisons :
la majorité des miracles sont relatés ; c'est le cas entre autres, mais pas uniquement, des miracles signalés dans les livres saints comme la Bible, la Torah ou le Coran ;
un miracle explicable scientifiquement n’est souvent plus considéré comme un miracle. Cela concerne en particulier les cas de miracles contemporains
Sens catholique
Trois signifiants définissent le miracle : C'est un fait prodigieux d'ordre surnaturel survenant dans un contexte religieux qui manifeste une intervention spéciale et gratuite de Dieu adressant aux hommes un signe sensible de sa présence dans le monde
Dans la religion catholique, le miracle ne se limite pas à sa composante extraordinaire et inexplicable par la connaissance scientifique: de tels phénomènes extraordinaires peuvent (dans cette interprétation) être obtenus par des actions de magie ou de théurgie, sans qu'il y ait un miracle au sens propre. Pour le catholicisme, le miracle est l'intervention directe de la puissance de Dieu. Ceci exclut l'intervention de puissance intermédiaire d'esprits ou de démons, qui peuvent également provoquer des phénomènes inexplicables sous forme de phénomènes paranormaux.
Pour pouvoir parler de miracle, il faut en principe montrer que le phénomène extraordinaire constaté a eu un effet conforme au plan de Dieu. Le miracle se caractérise donc avant tout par son effet par rapport à l'avancement de la foi: si l'effet a été positif, il est possible de parler de miracle. Inversement, si l'effet est négatif, le phénomène extraordinaire sera interprété comme l'intervention possible d'un esprit, mais non comme l'intervention effective de Dieu.
Différentes connotations du mot
Bien que l’on entende souvent par miracle les miracles de Dieu, le dieu abrahamique, n’importe quelle divinité peut effectuer des miracles. On pense notamment aux divinités des religions polythéistes comme les religions grecque, scandinave ou pré-colombiennes. Cependant, il semble que l’émerveillement soit plus spécifiquement associé aux religions monothéistes : pour les religions antiques, les miracles, tout surnaturels qu’ils soient, ne sont pas extraordinaires.
Un autre sous-entendu est qu’un miracle est forcément bénéfique. Là encore, dans une optique d'un Dieu bon, c’est généralement le cas. Les miracles censément accomplis par Jésus de Nazareth (résurrection de Lazare, multiplication des pains...) sont ceux qui sont les plus familiers des chrétiens. Dans le monde musulman, la venue du Coran sur terre est un miracle, ou bien encore le voyage nocturne de Mahomet. Cependant, un miracle peut très bien être négatif, comme les plaies d’Égypte ou le Déluge, pour rester dans les religions abrahamiques. Quant aux « miracles » (s’ils ne sont jamais appelés ainsi, techniquement, c’en sont) des dieux grecs, ce sont rarement des interventions véritablement bénéfiques (que l’on parle de la transformation d’Arachné en araignée pour cause d’hubris, ou d'égarement en mer d’Ulysse par Poséidon ou même de la métamorphose de Narcisse en narcisse.
le miracle, produit par le biais de la théurgie. C’est le pouvoir de la religion, du prêtre.
le prodige, produit par le biais de la thaumaturgie. C’est le pouvoir de la magie, du mage/magicien/sorcier.
Dans les deux cas, une explication scientifique est largement accessoire. Le miracle vient « d’en haut », alors que le prodige vient d’en bas. À noter que, si dans un sens courant, on dit d’un thaumaturge qu’il « accomplit des miracles », c’est par définition incorrect : il accomplit des prodiges (il s’agit d’une métonymie). Seul un être divin ou son représentant (son « conduit ») peut accomplir un miracle.
Pour certains, la suspicion et le rationalisme propre à la plupart des pays occidentaux sont un refus du miracle qui l’empêche d’advenir.
Quoiqu'il en soit, à quelques rares exceptions près comme Lourdes, force est de constater que les miracles sont rapportés surtout dans les pays du Sud et les sociétés pauvres. Une exception notable : les États-Unis, où il y a eu des références à des apparitions divines dans des biscottes, des moules de chocolat ou divers produits, une ménagère reconnaissant régulièrement la silhouette de Jésus ou de la Vierge dans la forme d'une tache quelconque. La ménagère en question est en général très religieuse et ne demandait qu'à voir ce qu'elle prétend avoir vu. Les sceptiques parlent donc souvent d'effet placebo.
Religion et business ne faisant pas forcément mauvais ménage, surtout outre-Atlantique, ces objets, de même que la traditionnelle statue qui pleure, finissent souvent vendus sur eBay, ce sont des pareidolie.
D'après un sondage de l'IFOP effectué en 2004, 42% des Français croyaient aux
35% des Français affirment croire aux miracles, selon un sondage de l'institut TNS-Sofrès réalisé en face-à-face les 6 et 7 juillet 2006 auprès d'un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population, selon la méthode des quotas. 62% des personnes interrogées ne croient pas aux miracles et 3% n'ont pas d'opinion sur le sujet, 31% y voient « un phénomène que l'on ne peut expliquer », 27% « un événement heureux auquel on ne s'attendait pas » et seulement 8% « une intervention de Dieu ».
Voir Janvier de Bénévent dont le « miracle » de la liquéfaction du sang est célébré habituellement trois fois par an.
Critique du miracle
Comme pour tout phénomène surnaturel, l'existence avérée des miracles est un sujet de litige entre croyants (religieux ou ésotéristes) et rationalistes pour lesquels il s'agit de phénomènes naturels que les connaissances contemporaines du miracle ne pouvaient expliquer ou d'interventions habiles et subtiles aussi explicables qu'un tour de magie.
Ernest Renan écrivit : C'est au nom d'une constante expérience que nous banissons le miracle de l'Histoire